Les Bernois et le Chablais

Au début de la Réforme, Berne est en phase d’expansion et cherche à étendre son influence à l’Ouest en exploitant la faiblesse de la Maison de Savoie qui règne, entre autres, sur le Pays de Vaud et le comté de Genevois (qui ne comprenait pas la ville de Genève).

À la même époque, Genève est en conflit avec son évêque, qui est soutenu par le duc de Savoie. Bernois et Genevois partagent donc les mêmes sentiments anti-savoyards, ce qui les conduit à conclure un traité de combourgeoisie en 1526.

La situation évolue lorsque, en 1536, les Bernois décident de prendre des mesures pour prévenir ce qu’ils voient comme une tentative de prise de contrôle de la Savoie par la France. Ils envahissent le Pays de Vaud, le Chablais et le Pays de Gex et entrent dans le Genevois. Fribourg et Valais, qui rejoignent l’expédition plus tard, se partagent ces conquêtes avec Berne qui obtient la part du lion.

Genève conserve son indépendance mais Lausanne, qui est aussi liée à Berne par un traité de combourgeoisie, et le Pays de Vaud tout entier deviennent des sujets bernois.

Après cette conquête, Berne impose immédiatement la religion réformée dans ses nouvelles possessions. C’est dans ce contexte que Lausanne et Genève deviennent l’épicentre du protestantisme francophone.

SwissWorld: http://www.swissworld.org/fr/histoire/la_reforme/la_conquete_du_pays_de_vaud/

En 1475, les Valaisans, suite à la victoire de la Planta, acquièrent une partie du Vieux Chablais. Cependant, Monthey et la partie inférieure du Valais restent sous l'autorité de la Maison de Savoie, mais les Bernois occupent l'année suivante le Chablais vaudois, qu'ils doivent rétrocéder à la Savoie en 1478, tout en conservant Aigle, Bex, Ollon et les Ormonts.

En 1536, Berne déclare la guerre au duc de Savoie; les troupes conduites par Hans Franz Nägeli traversent le pays de Vaud sans rencontrer beaucoup de résistance. Nägali occupe tout le nouveau Chablais jusqu'à Thonon en passant par Genève où il est accueilli en libérateur.

Les Valaisans accueillent mal la nouvelle de l'invasion bernoise. Après la prise du pays de Vaud, ils s'inquiètent et craignent que Berne n'occupe Monthey et la région lémanique de la Savoie. Après en avoir informé le duc de Savoie, les Valaisans descendent occuper le territoire de Saint-Maurice à Évian pour le défendre et assurer le maintien de la foi, avec la promesse de le rendre plus tard au duc, contre remboursement de leurs frais.

Les communes de Saint-Gingolph (1er février), Évian (le 9), les communautés de la vallée d'Abondance, de Vacheresse et de Bonnevaux (le 20), puis celles de Saint-Jean-d'Aulps et du Biot (le 22) adhèrent très rapidement aux nouvelles autorités. En 1553, Emmanuel-Phillibert de Savoie souhaite reprendre les États perdus par son père. Il réclame le patrimoine de ses ancêtres en région lémanique. Mais ses anciens sujets du canton de Vaud ne désirent plus redevenir Savoyards ni catholiques.

En 1564, un compromis est trouvé, et le 30 octobre 1564, le traité de Lausanne est signé. Berne restitue avec le pays de Gex et Gaillard, le Chablais occidental (ou bailliage de Thonon) mais garde les possessions vaudoises.

Un traité, ratifié à Sion le 23 mars 1569 et à Chambéry, le 4 avril, fixe définitivement la frontière des deux États à la Morge de Saint-Gingolph. Le Valais restitue au duc de Savoie les gouvernements d'Évian et de Saint-Jean d'Aulps, mais garde celui de Monthey.

Wikipedia

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L'or bleu de la Savoie

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Si les émirs ont le pétrole, les Savoyards disposent eux d’une ressource encore plus essentielle à la vie : l’eau. Mais qui devrait prendre en charge la gestion de ce précieux liquide ?

Tout le monde a en tête ces émirs du Moyen-Orient, qui, profitant de ressources considérables en pétrole, ont construit des empires où le pétrodollar est roi. Plus aucune limite ne semble arrêter ces magnats de l’or noir à qui l’on déroule le tapis rouge à la moindre occasion. Après les îles artificielles destinées à accueillir les milliardaires de notre belle planète, ce sont les clubs de football européens qui semblent être le nouveau divertissement de ces bédouins devenu multi-milliardaires. En ces temps particulièrement difficiles pour le capitalisme ultra-libéral, les comptes en banque (dans des établissement d’ailleurs au bord de la faillite) de nos amis qataris, saoudiens ou koweitiens attisent les pires convoitises. Cela se comprend, mais la question qui nous intéresse ici est en fait la suivante  : quelques individus ont-ils le droit d’exploiter à leur seul profit les ressources naturelles ?

L’eau : un or bleu

Cette question a été très longuement étudiée et débattue pour la problématique du pétrole et des peuples du Moyen-Orient.  Aucun débat n’a en revanche eu lieu dans nos contrées pourtant particulièrement riches d’une ressource essentielle et qui deviendra extrêmement importante dans le futur : l’eau. Aujourd’hui, il existe trois eaux minérales exploitées commercialement en Savoie : Evian, Thonon et Aix-les-Bains. Toutes trois sont exploitées par des sociétés privées, respectivement Société Anonyme des eaux minérales d’Evian (propriété de Danone), Société des eaux minérales de Thonon-les-Bains, Société des Eaux d’Aix-les-Bains. Attardons-nous plus spécifiquement sur la plus importante des trois, Evian. En chiffres, cela donne : plus d' 1,5 milliard de litres d'eau en 2007 ;  1780 salariés (2010) ; plus de 500 millions d’euros de chiffre d'affaires dont la moitié à l'export ; un siège social de 4 000 m² situé dans le centre d'Evian ; et surtout un bénéfice net de plus de 42 millions d’euros au 31/12/2010 (1). Soit le budget total consacré à l’éducation par le département de la Savoie (45Millions d’euros pour 2011).

L’eau : un bien public

A la vue de ces chiffres on peut se demander s’il est normal qu’une multinationale qui ne paye que 8% d’impôts au lieu des 22% en moyenne pour les PME, et surtout aucun impôt sur les bénéfices (2), puisse se servir des ressources naturelles d’un pays alors que celles-ci appartiennent à la communauté. Les enjeux qui entourent et entoureront l’eau potable dans les années à venir doivent nous amener dès maintenant à nous poser des questions quant à la gestion des ressources naturelles savoyardes. Devons-nous accepter, sans broncher, que des multinationales, dont l’UNIQUE but est le profit, soient les gestionnaires de nos eaux minérales ?

Le problème se pose également pour la gestion de l’eau potable, surtout lorsque l’on sait que  « La majorité de la population (74 % en eau potable) et des grandes villes est donc desservie par un service délégué à une entreprise privée, les trois plus importantes étant Veolia, la Lyonnaise des eaux et la Saur » (source wikipédia). Pour lutter contre cette privatisation de la gestion des biens communs, un phénomène de remunicipalisation est en cours, notamment en France, mais les chiffres montrent très clairement que l’on est très loin du compte. A l’heure où le FMI et la banque mondiale, impose leurs dictas aux états en privatisant, notamment, à tour de bras, il est impératif d’agir vite et que la gestion des ressources naturelles soit gérée par les services publics pour le bien des populations.

Benjamin Berthet

http://www.lavoixdesallobroges.org/tribune-libre/440-qui-doit-gerer-leau-de-s...

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L'Etat de Savoie à Aix-les-Bains (vidéos)

Source : Coup de force savoisien à Aix-les-Bains. Vidéos http://www.lavoixdesallobroges.org/politique/382-2eme-rencontre-internationale-de-letat-de-savoie

Plus de 500 personnes viennent de participer à la deuxième rencontre internationale de l'Etat de Savoie à Aix-les-Bains. Un coup de force du gouvernement provisoire et du nouveau Mouvement citoyen de Savoie.

Lors de notre première rencontre avec les représentants du Gouvernement provisoire de l’Etat de Savoie (GPESE) et du Mouvement des citoyens de cette même contrée (MCSE) (voir notre reportage), ceux-ci nous annonçaient, surs d’eux, la présence de 500 personnes pour l’événement qu’ils prévoyaient d’organiser le 12 juin à Aix-les-Bains. On était sceptique, mais, à notre grand étonnement, ils étaient en fait plus de 500 à être présents dimanche dernier pour la deuxième rencontre internationale de l'Etat de Savoie. La salle Lamartine du casino était pleine de sympathisants croyant dur comme fer à l'émancipation imminente d’un pays larguant les amarres françaises. Un vent de Savoie libre qui nous renvoyait quinze ans en arrière aux grandes heures du mouvement indépendantiste. On sentait presque comme un parfum de renaissance. Serait-ce vraiment le grand retour du nationalisme savoisien ?

Lancement de la police de l'Etat de Savoie

Différents mouvements politiques alpins ont fait le déplacement à Aix-les-Bains. Ils représentent des provinces italiennes - Val d'Aoste, Piémont et Lombardie – et les cantons suisses de Vaud, Neuchâtel et Genève, tous unis  « pour libérer une Savoie opprimée et colonisée ». Côté savoisien, Colette Biguet est à l'animation du meeting, Jean-François Péronnier assure la technique, Pierre Biguet est dans le rôle du porte-parole du GPESE et Jean Blanc dans celui du MCSE, tandis que les plus jeunes s'occupent du merchandising. Avec une trentaine de minutes de retard, Colette Biguet prend la parole pour rendre hommage aux anciens : « Ayons une petite pensée pour les absents, ceux qui nous ont quitté mais qui sont toujours présents parmi nous : Henri Denarié, Pierre Ratinaud et Bernard Iselin ». C'est ensuite Didier Erba qui va vraiment lancer les hostilités de l'après-midi. Comme nous l'avait promis le GPESE il y a un mois, il a présenté les tenues de la nouvelle police savoisienne appelée à progressivement remplacer les « forces françaises d'occupation (FFO) » (comprenez la gendarmerie et la police). Enfin, pour l’heure, elle aura surtout pour mission d’assurer sur « le terrain un rôle de prévention et d'information auprès de la population » (voir la vidéo).

Nous avons aussi eu des nouvelles du Mouvement citoyen de Genève (MCG), ce parti politique du canton de Genève qui devait, selon Pierre Biguet, aider la Savoie à se libérer d’ici à la fin de l'année. Début juin, le MCG a bien déposé des textes parlementaires au Parlement genevois « pour que Genève puisse officiellement se prononcer sur l'Etat de Savoie ». Ces textes, que le député Eric Stauffer a lu devant l'auditoire savoisien, reprennent grosso modo l'argumentaire de Colette Biguet, lui-même issu de la thèse initialement développée par Henri Dénarié.  On connaît donc déjà bien la chanson. Un plaidoyer qui n’a pas été reçu favorablement par le parlement genevois, comme nous l’apprend un autre député du MCG, Claude Jeanneret (voir la vidéo)

 

Cette « priorité au résident du pays », la représentante du Piémont nous en donne un exemple. Silvia Garbelli dénonce ainsi « le coût du travail et des salaires pour les entreprises » qui ne favorise par l'embauche des locaux en opposition au « traitement spécifique » réservés aux entreprises qui « emploient de gens en réinsertions, des immigrés et des toxicomanes et qui sont exonérés de charges patronales ». Applaudissements enthousiastes dans la salle. On s'interroge. Car même si le MCSE a fait disparaître cette « priorité au résident du pays » dans la version définitive de sa charte, tout en se prévalant même dans ses statuts de « rejeter toute forme de racisme et de xénophobie », « ce principe simple » s'en rapproche fortement, renvoyant clairement à des principes défendus notamment par le Front National, français cette fois.  Tout comme ce slogan martelé à plusieurs reprises au cours de l’après-midi par les représentants du MCG : « Genève et les Genevois d'abord ! »

Un responsable du MRS à la tête du MCSE 

En fin d'après-midi, le MCSE présente son tout nouveau porte-parole aux Savoisiens présents. Et là, surprise, quand celui-ci monte à la tribune pour entamer son discours. Il s'agit ni plus ni moins de Jean Blanc, candidat aux cantonales en Haute-Maurienne au printemps dernier sous l'étiquette d'Europe-Ecologie. « Je suis encore membre du Mouvement région Savoie et d'Europe-Ecologie Les Verts région Savoie, explique-t-il. Je n'aime pas démissionner quand j'ai travaillé dans quelque chose pour le construire et je tiens à garder le contact avec les gens avec qui j'ai construit de bonnes choses, je pense. » On doit moyennement apprécier chez les écologistes savoyards qu'un des leurs se présente publiquement comme tel à cette grand-messe indépendantiste. Mais bon, au moins, cela nous change de la Ligue Savoisienne et de son éternel chef de fils, un ancien du Parti communiste.

Dans son discours, « le berger de Bonneval-sur-Arc » explique en guise de projet politique qu'il veut permettre aux Savoisiens de « retrouver le chemin de leur destinée » et « sauver la culture alpine » face à « des frontières inutiles créées pour s'approprier nos espaces et affaiblir notre culture commune à nous peuples de montagne ». Il a aussi et surtout longuement insisté sur la nécessaire implication des Savoisiens dans la lutte contre le projet du TGV Lyon-Turin. « C'est un dossier qui nous tient à coeur. Nous devons montrer que la Savoie est là. La prochaine fois, le MCSE sera présent en nombre », renchérit Colette Biguet. Et Jean Blanc d'appeler tous les Savoisiens à s'engager massivement au sein du MCSE (voir la vidéo)

Lors de notre première rencontre avec les représentants du Gouvernement provisoire de l’Etat de Savoie (GPESE) et du Mouvement des citoyens de cette même contrée (MCSE) (voir notre reportage), ceux-ci nous annonçaient, surs d’eux, la présence de 500 personnes pour l’événement qu’ils prévoyaient d’organiser le 12 juin à Aix-les-Bains. On était sceptique, mais, à notre grand étonnement, ils étaient en fait plus de 500 à être présents dimanche dernier pour la deuxième rencontre internationale de l'Etat de Savoie. La salle Lamartine du casino était pleine de sympathisants croyant dur comme fer à l'émancipation imminente d’un pays larguant les amarres françaises. Un vent de Savoie libre qui nous renvoyait quinze ans en arrière aux grandes heures du mouvement indépendantiste. On sentait presque comme un parfum de renaissance. Serait-ce vraiment le grand retour du nationalisme savoisien ?

Lancement de la police de l'Etat de Savoie

Différents mouvements politiques alpins ont fait le déplacement à Aix-les-Bains. Ils représentent des provinces italiennes - Val d'Aoste, Piémont et Lombardie – et les cantons suisses de Vaud, Neuchâtel et Genève, tous unis  « pour libérer une Savoie opprimée et colonisée ». Côté savoisien, Colette Biguet est à l'animation du meeting, Jean-François Péronnier assure la technique, Pierre Biguet est dans le rôle du porte-parole du GPESE et Jean Blanc dans celui du MCSE, tandis que les plus jeunes s'occupent du merchandising. Avec une trentaine de minutes de retard, Colette Biguet prend la parole pour rendre hommage aux anciens : « Ayons une petite pensée pour les absents, ceux qui nous ont quitté mais qui sont toujours présents parmi nous : Henri Denarié, Pierre Ratinaud et Bernard Iselin ». C'est ensuite Didier Erba qui va vraiment lancer les hostilités de l'après-midi. Comme nous l'avait promis le GPESE il y a un mois, il a présenté les tenues de la nouvelle police savoisienne appelée à progressivement remplacer les « forces françaises d'occupation (FFO) » (comprenez la gendarmerie et la police). Enfin, pour l’heure, elle aura surtout pour mission d’assurer sur « le terrain un rôle de prévention et d'information auprès de la population » (voir la vidéo).

 

Nous avons aussi eu des nouvelles du Mouvement citoyen de Genève (MCG), ce parti politique du canton de Genève qui devait, selon Pierre Biguet, aider la Savoie à se libérer d’ici à la fin de l'année. Début juin, le MCG a bien déposé des textes parlementaires au Parlement genevois « pour que Genève puisse officiellement se prononcer sur l'Etat de Savoie ». Ces textes, que le député Eric Stauffer a lu devant l'auditoire savoisien, reprennent grosso modo l'argumentaire de Colette Biguet, lui-même issu de la thèse initialement développée par Henri Dénarié.  On connaît donc déjà bien la chanson. Un plaidoyer qui n’a pas été reçu favorablement par le parlement genevois, comme nous l’apprend un autre député du MCG, Claude Jeanneret (voir la vidéo)

 

Ce revers n'enlève rien à la détermination des Savoisiens et de leurs amis et voisins. « Des oppositions de toutes sortes vont parsemer notre parcours vers la construction de ce que j'espère être la fédération des états libres des Alpes », souligne Claude Jeanneret. C'est que selon le MGC, la reconnaissance d'un Etat de Savoie souverain est nécessaire pour imposer leur vision de la région alpine. « Après des siècles mouvementés, le temps est venu pour Genève et la Savoie de traiter d'égal à égal. Le temps est venu de réconcilier le passé qui nous divise et qui nous déchire et la géographie qui nous réuni », poursuit à la tribune le secrétaire général du MCG, François Baertschi. C'est ensuite autour d'Eric Stauffer de nous rappeler l'histoire de Genève et d'en conclure : « Nous voulons construire une Genève forte, une Genève fière qui ne pourra exister que grâce à une Savoie forte et une Savoie fière » (voir la vidéo).

 

On commence à un peu mieux comprendre pourquoi le MCG s'est immiscé dans le combat indépendantiste savoisien. D'ailleurs, c'est bien le MCG qui a « incité le gouvernement provisoire de Savoie à créer un mouvement politique pour soutenir son travail », dixit le porte-parole du MCSE, qui contredit ainsi les propos de Pierre Biguet nous assurant un mois plus tôt que « cette création n'a rien à voir avec Éric Stauffer ». Pour François Baertschi, la création de ce MCSE est un « événement historique qui va représenter une nouvelle étape pour les idéaux que nous défendons, (…) pour changer profondément et démocratiquement notre société ». Oui, et encore ? Parce que pour le moment, nous ne voyons pas vraiment ce qu'est un mouvement citoyen et quelles sont ses grandes lignes politiques « au sens où l'entendent le MCG de Genève et le nouveau MCSE de Savoie ». Il nous explique : « Face à la mondialisation et les lois euro-compatibles (…) nous, mouvements citoyens, appliquons un principe simple : la priorité au résident du pays. » (voir la vidéo)

 

Cette « priorité au résident du pays », la représentante du Piémont nous en donne un exemple. Silvia Garbelli dénonce ainsi « le coût du travail et des salaires pour les entreprises » qui ne favorise par l'embauche des locaux en opposition au « traitement spécifique » réservés aux entreprises qui « emploient de gens en réinsertions, des immigrés et des toxicomanes et qui sont exonérés de charges patronales ». Applaudissements enthousiastes dans la salle. On s'interroge. Car même si le MCSE a fait disparaître cette « priorité au résident du pays » dans la version définitive de sa charte, tout en se prévalant même dans ses statuts de « rejeter toute forme de racisme et de xénophobie », « ce principe simple » s'en rapproche fortement, renvoyant clairement à des principes défendus notamment par le Front National, français cette fois.  Tout comme ce slogan martelé à plusieurs reprises au cours de l’après-midi par les représentants du MCG : « Genève et les Genevois d'abord ! »

Un responsable du MRS à la tête du MCSE 

En fin d'après-midi, le MCSE présente son tout nouveau porte-parole aux Savoisiens présents. Et là, surprise, quand celui-ci monte à la tribune pour entamer son discours. Il s'agit ni plus ni moins de Jean Blanc, candidat aux cantonales en Haute-Maurienne au printemps dernier sous l'étiquette d'Europe-Ecologie. « Je suis encore membre du Mouvement région Savoie et d'Europe-Ecologie Les Verts région Savoie, explique-t-il. Je n'aime pas démissionner quand j'ai travaillé dans quelque chose pour le construire et je tiens à garder le contact avec les gens avec qui j'ai construit de bonnes choses, je pense. » On doit moyennement apprécier chez les écologistes savoyards qu'un des leurs se présente publiquement comme tel à cette grand-messe indépendantiste. Mais bon, au moins, cela nous change de la Ligue Savoisienne et de son éternel chef de fils, un ancien du Parti communiste.

Dans son discours, « le berger de Bonneval-sur-Arc » explique en guise de projet politique qu'il veut permettre aux Savoisiens de « retrouver le chemin de leur destinée » et « sauver la culture alpine » face à « des frontières inutiles créées pour s'approprier nos espaces et affaiblir notre culture commune à nous peuples de montagne ». Il a aussi et surtout longuement insisté sur la nécessaire implication des Savoisiens dans la lutte contre le projet du TGV Lyon-Turin. « C'est un dossier qui nous tient à coeur. Nous devons montrer que la Savoie est là. La prochaine fois, le MCSE sera présent en nombre », renchérit Colette Biguet. Et Jean Blanc d'appeler tous les Savoisiens à s'engager massivement au sein du MCSE (voir la vidéo)

 

Les Savoisiens vont-ils alors se précipiter au sein du MCSE ? Rien n'est moins sûr pour le moment. Car au-delà du succès incontesté de cette journée du 12 juin, l'union de la mouvance savoisienne ne semble toujours pas d'actualité. Déjà, au sein du GPESE, des dissensions sont apparues. Et puis la direction de la Ligue Savoisienne a été tenue à l'écart de cette nouvelle dynamique indépendantiste impulsée par d'anciens de ses responsables jadis expulsés. Or le mouvement de Patrice Abeille a encore rassemblé 350 personnes le 20 février dernier à Albertville pour célébrer la fête de la Savoie. Il ne faudrait donc pas l'enterrer trop tôt. 

Un gouvernement provisoire remis en cause par des Savoisiens

Même à Aix-les-Bains, le GPESE et son représentant ne font pas l’unanimité, certains s’interrogeant justement sur sa représentativité. « D'où vient votre légitimité pour vous auto-proclamer gouvernement provisoire ? », lance l'un d'eux à Pierre Biguet lors de la série de questions. « D'une part, le gouvernement provisoire a été élu par l'ensemble des groupements savoisiens existants. Et d'autre part, contrairement aux gouvernements qui, en Egypte, en Tunisie et en Lybie, se sont auto-proclamés, nous, au moins, nous avons la légitimité d'avoir été élus », lui rétorque le porte-parole du GPESE. Et son interlocuteur très remonté d’insister : « Où est la démocratie ? » « On organise des réunions, on se bat pour la Savoie. Si des gens veulent nous remplacer, il n'y a aucun problème », tente de conclure Pierre Biguet. Le dissident fini par quitter une salle Lamartine où on se rend compte que l'unité affichée derrière le MCSE n’est encore que de façade. Mais combien seraient les Savoisiens s’ils étaient tous rassemblés ?

Comme le MCG, le MCSE aux élections

Après avoir rappelé que « la grande Savoie est bien le moteur du projet Arc Alpin », Pierre Biguet annonce qu'il veut préparer la transition entre « ce que l'on est aujourd'hui et ce que l'on sera demain : l'Etat de Savoie ». Pour cela, le porte-parole du GPESE entend s'appuyer, à l'instar de Jean-François Perronier en septembre dernier (voir notre interview), sur les lois dites sardes remontant à la période antérieure à l’annexion de 1860. « Nous devons réactualiser notre constitution, notre droit civil, notre droit pénal et notre droit commercial, car ces droits existent. » Comme Jean Blanc, il appelle ensuite les Savoisiens à se rassembler et à se mobiliser sur « ce projet fiable qui est le nôtre ». Et Pierre Biguet d'évoquer à la tribune l'avenir du peuple de montagne (voir la vidéo).

En guise de conclusion, Eric Stauffer estime qu'« aujourd'hui, c'est une journée historique pour vous peuple de Savoie ». Rappelant l'histoire récente de l'émergence du MCG, le député genevois exhorte les Savoisiens « à mettre leur énergie à contribution pour le Mouvement citoyen de Savoie » et « à placer des élus ». En insistant. « Il vous faudra présenter des gens aux élections ! Par contre, ne pas présenter des traîtres qui vont vous utiliser pour accéder au pouvoir et vous tourner le dos une fois qu'ils seront élus. La puissance de tir, c'est vous ! » Un message reçu cinq sur cinq, si l'on en croit l'applaudimètre (voir la vidéo)

qu'il est impossible aujourd'hui de nier et encore moins de réduire à un simple folklore d’autochtones locaux, on a du mal à imaginer que le projet de ville unique entre Genève et Valence prôné par l'UMP et le PS – le pôle métropolitain du Sillon Alpin (voir notre article) - soit une réponse politique adaptée aux enjeux actuels des pays de Savoie. Pas plus que de réduire la Savoie à une simple marque à vendre aux plus offrants. Pas plus que de rejeter la question de la gouvernance territoriale au nom de la défense d'une République française une et indivisible. Ou même en raison de la lutte contre le capitalisme.

Mikaël Chambru

 

Dites, on aurait pas oublié quelque chose ? Evidemment, car comme « chez l'occupant français », on chante notre hymne dans les meetings savoisiens. Même si ça le fait pas vraiment en lisant… D’ailleurs, combien y en a qui la savent cette chanson ? Allez, place aux Allobroges (voir la vidéo).

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